Publié le : 16 décembre 2020 Mise à jour : 2 février 2021
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Petits trésors des archives vaudaises

Ce mois-ci, plongez dans le Vaulx-en-Velin des 17e et 18e siècles avec les registres paroissiaux.

PARMI les plus anciennes archives conservées à Vaulx-en-Velin, on retrouve les registres paroissiaux de 1639 à 1792. Dans ces trois gros volumes reliés, les curés successifs ont enregistré tous les actes de baptême, mariage et sépulture effectués au cours de leur ministère vaudais. Des données indispensables pour comprendre qui habitait alors la commune.

Mais l’un des prêtres, Joseph Rudigoz (1709-1788), curé de Vaulx-en-Velin de 1737 à 1788, a compilé bien plus d’informations. Il a en effet noté certains événements nationaux, régionaux et locaux successibles d’éclairer la vie de ses contemporains. Ainsi, au détour des pages, on découvre les inondations de 1756, durant lesquelles « chacun craignit pour sa personne, ses bestiaux, ses effets et sa maison »; les gelées de 1757, qui ont emporté toutes les récoltes; « l’ouragan furieux qui nous effraya tous » la même année, de même que le tonnerre qui a écrasé « un père, sa femme enceinte et l’un de leurs enfants sous un noyer » et qui fut suivi de nouvelles inondations; la sècheresse de 1762…

Le père Rudigoz détaille aussi le fruit des récoltes, raconte la vie de la paroisse (bénédiction d’une nouvelle cloche, travaux dans la cure…) et s’intéresse, en outre, aux actualités judiciaires. Il décrit avec précision les châtiments de François-Robert Damiens, qui a tenté d’assassiner le roi Louis XV en 1757, et ceux de Raymond Masle, brûlé vif à Lyon, en septembre 1762, pour avoir essayé d’empoisonner le bourreau. « On a vu à Lyon, quelques années auparavant, une fille qui a fait office de bourreau pendant trois ans et qui prenait, dit-on, un plaisir singulier à pendre les femmes », note-t-il. Le curé revient sur certaines décisions royales : le rattachement de la Dombes au royaume (1762), l’expulsion des Jésuites hors du Portugal (1759) et hors de France (1763), la fonte publique de 1760 (cette année-là, le roi demande à ses sujets fortunés leur vaisselle d’argent pour la fondre)…

Il finit l’un de ses comptes rendus en s’adressant aux générations futures : « Je prie ceux qui lirons ceci de se souvenir (…) de ce pauvre pêcheur auquel je souhaite de tout mon cœur que lui succède un bon sujet qui répare tout le mal que j’ai pu faire dans cette pauvre paroisse ».