Publié le : 30 août 2018 Mise à jour : 2 juillet 2019
1804 vues

Histoire


En vidéo


Étymologie

L’étymologie de Vaulx-en-Velin n’est pas certaine. Le terme latin « Valles in Velleno » signifiait vallée, ou « lieu bas », des brebis (du latin vellus, velleris) ; velin évoquant alors une région d’élevage et par extension donnant son nom à l’immense forêt qui couvrait jusqu’au début du Moyen-Age le Bas-Dauphiné : le pays du Velin. Cette hypothèse semble la plus probable – une autre explication étant que ce toponyme soit lié à quelques particularités de la végétation.


Du Moyen-Âge à la révolution de 1789

La plus ancienne mention écrite de Vaulx-en-Velin remonte à 1225. Son existence est peut-être plus ancienne, puisque selon une hypothèse Pierre Valdo ou de Vaulx, à l’origine de la secte chrétienne des Vaudois, y serait né vers 1140.

Soumis aux caprices du fleuve, ces lieux marécageux se trouvent à cette époque (XIIe siècle) sous l’influence des seigneurs bressans (familles de Montluel, Beaujeu) mais également des sires de Chandieu. Au début du XIVe siècle ces derniers cèdent leurs droits féodaux au comte de Savoie. Vaulx-en-Velin est alors une châtellenie, dépendant du seigneur de Montluel.

Vers 1320, un débordement exceptionnel du Rhône fait passer Vaulx sur la rive gauche. La Rize serait un restant de cet ancien bras du Rhône. Le Dauphin du Viennois propose le rachat ou l’échange de ces terres à Jean de Montluel. Des accords sont conclus en 1325 puis 1334. Vaulx appartient dès lors au Dauphiné. La paroisse de Villeurbanne est rattachée à son mandement. Le 15 mars 1332, Guigue, Dauphin du Viennois, confirme, en faveur des habitants de Vaulx-en-Velin, tous les privilèges et franchises dont avaient joui les habitants de Montluel suivant acte de février 1272. La seigneurie de Vaulx fut, soit donnée en fief, soit « engagée » ou albergée (c’est-à-dire vendue au plus offrant) par les dauphins du Viennois, puis par les rois de France ; en effet, en 1349, le Dauphiné est vendu au royaume de France. Au XIVème siècle la seigneurie de Vaulx dépend du domaine de la Couronne. La terre de Vaulx-Villeurbanne est érigée en terre noble (marquisat) en faveur d’Alleman de Champier. Plusieurs seigneurs vont se succéder sur ces terres jusqu’au XVIIIème siècle.

En 1628, la peste frappe le village de Vaulx-en-Velin. Elle est amenée par des soldats revenant d’Italie, du Milanais où elle régnait à l’état endémique. Malgré toutes les précautions, elle se propage à Villeurbanne et Lyon, faisant 30 000 victimes.

Plusieurs inondations ravagèrent la commune. Entre autres, celle du 16 janvier 1756 qui, aux dires du curé de Vaulx dans les registres paroissiaux, détruisit un grand nombre de maisons. Ces inondations modifient constamment les îles du Rhône, certaines disparaissent d’autres se créent ; ce qui pose le problème des délimitations entre communes : tous ces changements vont provoquer une série de procès et d’affrontements souvent sanglants entre Vaulx, Décines-Charpieu, Meyzieu, Chassieu d’une part et Miribel d’autre part pour la jouissance des îles du Rhône, ces communaux servant de pâturage. Le règlement définitif n’interviendra que vers 1850.

Les derniers seigneurs avant la Révolution furent Hugues de Rachais qui possédait le « Château » de Vaulx-en-Velin et Armand Jullien de Villeneuve, seigneur engagiste, qui possédait le château de Ville, plus tard appelé château de la Barre démoli lors de la construction du cinéma Les Amphis.


Le XIXe siècle : entre Isère et Rhône

Le 26 février 1790 est formé le département de l’Isère. Vaulx est rattachée au district de Vienne. En 1840, le château de Vaulx est acheté à Monsieur Chaumais, il abrite la mairie, l’école et le presbytère. Le 24 mars 1852, après de nombreuses demandes du Conseil municipal, Vaulx est rattachée au département du Rhône (en même temps que Villeurbanne, Bron et Vénissieux) et dépend du canton de la Guillotière, puis en 1854 du canton de Villeurbanne.

Une des constantes de l’histoire de Vaulx-en-Velin est la lutte contre les inondations du Rhône et pour l’assainissement des marais. Des travaux furent entrepris au XVIIe siècle (ordonnance d’Henri IV) et surtout entre 1863 et 1870 ; l’assèchement de 9 000 hectares d’étangs permit de réduire le paludisme. Un lieu-dit du village, « En Palud », en garde le témoignage. Entre 1879 et 1882, la construction de la digue St Jean Villeurbanne/Vaulx va protéger le village des inondations.

Le canal de Jonage et l’usine hydroélectrique de Cusset sont construits entre 1892 et 1898, malgré les réticences de la municipalité qui craignait une aggravation des inondations. Cet aménagement a été réalisé par la Société Lyonnaise des Forces Motrices du Rhône pour alimenter en énergie électrique les nouvelles industries de la rive gauche du Rhône (notamment soieries et tramways de Villeurbanne). Avec 15000 kW de puissance installée et un débit de 120 m3/s, Cusset était le plus gros ouvrage hydroélectrique français, voire européen, du XIXe siècle.

En 1896, Vaulx obtient la création d’une recette auxiliaire rurale, ancêtre de la poste actuelle. À la fin du XIXe siècle, on ne trouve à Vaulx-en-Velin qu’une tuilerie et une usine de sucrerie-distillerie créée peu avant 1860 par Monsieur Milliat (ancien maire de la commune). Cette usine donnera son nom au Pont de la Sucrerie.


XXe siècle : du bourg rural à l’industrialisation

Histoire des voix de circulation à Vaulx-en-Velin
En 1900, la ligne de tramway est prolongée jusqu’au village. En 1906, débute l’électrification. En ce début de XXe siècle, Vaulx-en-Velin, traditionnellement axée sur les productions agricoles (blé, légumes et fourrages puis betterave pour le sucre et l’alcool), se transforme : l’industrialisation commence réellement en 1925 avec l’implantation de la SASE (Soie Artificielle du Sud-Est). Lors des élections municipales de 1929, la liste « Bloc ouvrier et paysan » présentée par le Parti Communiste Français est élue. La nouvelle municipalité relance, entre autres, l’électrification de la commune, achève le projet de construction d’une nouvelle mairie et de deux écoles et met en place des aides diverses, notamment pour les chômeurs.

Pendant la guerre de 1939/1945, la Résistance est active, avec notamment les FTPF (Francs-Tireurs et Partisans Français) et les MOI (Main-d’Œuvre Immigrée). Aux élections de 1945, les Vaudais élisent la liste républicaine menée par Jean Peyri (PCF). Une grande digue est réalisée entre 1955 et 1956, sous la municipalité René Carrier (1953-1966). Elle résiste à la crue de 1957 et marque une victoire sur le Rhône.

La construction de la ZUP (Zone à Urbaniser en Priorité) débute en 1970 sous la municipalité de Robert Many (1966-1977) : de nouveaux équipements commerciaux, sportifs, scolaires, administratifs (dont la piscine Jean Gelet en février 1976 et l’hôtel de ville en janvier 1977) se créent, ainsi que trois zones d’activités industrielles et une zone maraîchère. L’ENTPE (École Nationale des Travaux Publics de l’État), est, en outre, transférée de Paris à Vaulx en 1975. La ZUP a provoqué une explosion démographique (1978 : 43 791 habitants).

L’aménagement de la ville se poursuit sous les municipalités Jean Capiévic (1977-1985), puis Maurice Charrier (1985-2009). On peut citer le lycée professionnel « Les Canuts » et le cinéma « Les Amphis » en 1982, le centre info-jeunesse et le centre culturel communal Charlie Chaplin en 1983, le palais des sports en 1985, le centre commercial « Continent » en 1988 et la zone d’activité des Sept Chemins, la bibliothèque centrale Georges Perec en 1988, la Tour d’Escalade en 1990, etc. En 1988, l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon s’installe à côté de l’ENTPE.

Le pôle culturel qui se constitue au Bourg autour des Lettres, de la Musique et des Arts, le nouveau bâtiment de la MJC en 1994, le planétarium en 1995 complètent le paysage culturel et scientifique de la commune. Le lycée Doisneau (Enseignement général et technologique) a fait sa première rentrée en 1995. 1996 marque l’extension de l’ENTPE. Ces réalisations entrent dans le cadre du grand projet de ville, qui s’attache aussi à une restructuration équilibrée du centre ville, via les dispositifs GPU (Grand Projet Urbain) puis Zone franche urbaine.